Confessions
— Laissez-moi vous offrir un verre. Asseyez-vous je vous en prie, proposa trop aimablement Ludwik.
Elijah et Niklaus échangèrent un regard et dans un accord silencieux aucun des deux ne bougea.
— Je vous ai dit de vous asseoir, reprit-il plus sèchement.
Les deux hommes obtempérèrent de mauvaise grâce et prirent place face à Ludwik.
— Tavernier ! Apporte-nous ton meilleur vin et fais sortir tes derniers clients, ordonna-t-il.
Les quelques ivrognes quittèrent en chancelant l’établissement. Aucun ne fit de difficulté car tous connaissaient suffisamment Ludwik pour savoir que ses ordres ne devaient pas être contestés. Le tavernier referma nerveusement la porte derrière eux, renvoya également la serveuse avant de servir les trois hommes.
— Laisse-nous toi aussi, nous avons à parler ces jeunes gens et moi, ordonna Ludwik.
Ce dernier remplit les coupes et dégusta la sienne d’air satisfait avant de reprendre :
— Des bruits courent au village. Il paraîtrait que malgré la visite infructueuse de votre père dans ce village de l’autre côté de la forêt, vous continueriez tous les deux à fréquenter certains de leurs habitants.
— Et depuis quand doit-on vous rendre des comptes ? répondit froidement Niklaus.
Un rictus apparut sur les lèvres de Ludwik.
— Toujours aussi insolent, Klaus … Nous sommes ici pour nous parler franchement. Je sais très bien qui ils sont et ce que vous espérez d’eux mais vous perdez votre temps. Jamais ils n’interviendront.
— Vous vouliez parler franchement alors allez-y. Qu’êtes-vous vraiment ? Et qu’avez-vous contre notre famille ? demanda Elijah.
Ludwik considéra un instant le jeune homme avant de répondre. Il ressemblait tant à son père physiquement que Ludwik se crispa et détourna le regard.
— Tout cela est assez nouveau pour moi, contrairement à mes deux frères qui ont connu leur première transformation il y a des années maintenant. Tout a commencé à cause de votre domestique. Je ne me souviens plus du message qu’il m’a apporté de la part de votre père. En revanche je me souviens parfaitement du bruit que son corps a fait en atterrissant au fond du puits et surtout de la douleur que j’ai ressentie suite à cela. C’était comme si mes entrailles se déchiraient, mais je vous passe les détails, expliqua calmement Ludwik en jouant avec le manche d’un couteau laissé sur la table.
Les deux frères se regardèrent les mâchoires serrées. La même question se lisait dans leur regard. Ce fut Niklaus qui la posa :
— Mila ? demanda-t-il simplement.
— Mila…répéta Ludwik en passant un doigt sur la lame du couteau. Elle avait tout compris dès le premier jour. J’ignore comment elle s’y prenait. Très intuitive, cette petite et si jolie. Ça m’a presque fait de la peine de la tuer mais les loups s’en prennent toujours au plus faible d’abord : la loi de la nature.
— Ce n’était qu’une enfant, souffla Elijah hors de lui en se levant brusquement, le visage déformé par la haine et le chagrin.
Il se serait sans doute jeté sur le monstre qui lui faisait face si Niklaus ne s’était pas levé à son tour pour l’en empêcher en posant une main sur l’épaule de son aîné en signe d’apaisement.
— Pas maintenant, murmura-t-il.
— Une enfant qui menaçait de tout révéler et de mettre en danger ma famille. Sa mort était une mise en garde que vous avez ignorée. Vous avez continué à vous rendre là-bas pour les convaincre de vous aider à nous exterminer. Vous avez voulu joué à un jeu dont les règles vous dépassent. Maintenant il va falloir aller jusqu’au bout. Mais rassurez-vous ce ne sera plus très long, menaça Ludwik en se levant à son tour et en se dirigeant vers la fenêtre pour admirer le croissant de lune que les nuages masquaient par intermittence.
— Vous n’arriverez pas à vos fins, reprit Elijah. Nous trouverons un moyen de vous arrêter.— Tu me rappelles beaucoup ton père quand il avait ton âge, Elijah : pragmatique et fin stratège. Vous a-t-il raconté qu’à cette époque nous étions très amis ? poursuivit-il en se retournant vers eux. Ma famille possédait une ferme très prospère près de votre domaine. Nous étions comme deux frères inséparables. Et puis un jour, je lui ai présenté la femme que je devais épouser. Certes c’était un mariage arrangé mais elle et moi avions déjà beaucoup d’affinités. Mais apparemment, elle en avait encore davantage avec Viktor. J’ai eu du mal à pardonner à votre mère de l’avoir choisi mais je ne pardonnerai jamais à votre père d’avoir ensuite tout fait pour ruiner ma famille et nous éloigner d’ici.
Ludwik s’interrompit pour apprécier l’effet de son récit sur les deux jeunes gens qui le dévisageaient avec la même expression de surprise :
— Notre mère devait vous épouser ? balbutia Niklaus.
— Et maintenant voulez vous venger ? reprit Elijah
— Comme ce serait romantique, n’est –pas ? Mais non, cette vengeance-là, je l’ai déjà eu, répondit Ludwik avec un sourire narquois. Mais je dois bien avouer que si au départ mon objectif était de protéger ma famille en tuant votre sœur, maintenant la perspective de tuer tous les enfants de Viktor et Suria m’enchante au plus au point. Notre famille sera ainsi définitivement débarrassée de la votre grâce à une malédiction, quelle douce ironie, n’est-ce pas ? Vous devriez rentrer maintenant il est très tard. Je ne voudrais pas qu’il vous arrive quelque chose en chemin. Pas ce soir en tout cas.~*~
Cela faisait déjà presque deux heures qu’Anyanka était penchée sur le grimoire familial. C’était la première fois, depuis qu’elle l’avait découvert, qu’elle pouvait le consulter aussi longtemps sans craindre l’arrivée inopinée de Waleda qui aidait à mettre au monde un enfant de l’autre côté du village. Pour éviter d’être surprise par son retour, Anyanka avait demandé à un jeune garçon de venir lui donner régulièrement des nouvelles de la future mère. L’occasion était trop rare pour qu’Anyanka ne la saisisse pas. La pleine lune était dans deux jours et la dernière partie de l’incantation restait indéchiffrable. Le temps jouait contre elle et Waleda également. Depuis quelques jours, Anyanka pressentait que la vieille femme soupçonnait quelque chose. Elle arpentait la tente de long en large, se figeant devant les étagères ou devant ses coffres. A plusieurs reprises la jeune fille crut qu’elle avait tout découvert mais cette dernière gardait le silence.
Des pas se firent entendre près de la tente, tirant Anyanka de sa lecture. Elle se leva précipitamment pour cacher le grimoire mais un vertige lui fit lâcher le livre qui tomba à ses pieds avec un bruit sourd. Chancelante, la jeune femme tentait de le ramasser lorsque sa sœur pénétra dans la tente
— Qu’est ce que tu fais ? demanda Noura intriguée de la trouver là.
Anyanka resta un moment interdite devant sa jeune sœur comme une enfant prise en faute et qui ne peut pas cacher sa bêtise.
— Anya qu’est-ce que tu fais avec ce livre ? se scandalisa la plus jeune en reconnaissant le grimoire.
— Je voulais juste y jeter un œil par curiosité, mentit-elle en se saisissant du livre et en le remettant dans le coffre.Noura ne la crut pas le moins du monde.
— C’est pour cela que tu voulais que j’éloigne grand-mère ? insista-t-elle. Qu’est-ce que tu cherches ? Est-ce que cela a un rapport avec cet homme que j’ai vu sortir de ta tente l’autre soir ?— Noura, tu n’as pas… , paniqua Anyanka
— Je n’ai rien dit, je te le jure, l’interrompit Noura en voyant le regard apeuré de sa sœur ainée.
— Ce n’est pas ce que tu crois.
— Alors dis-moi tout. Pourquoi tu veux éloigner Waleda ? Qui est cet homme ?
— Je vais tout te raconter mais promets-moi de ne rien révéler, il en va de leurs vies, supplia-t-elle en prenant les mains de sa sœur pour l’inviter à s’asseoir.
Anyanka prit une longue inspiration et commença son récit. Elle raconta la malédiction lancée par leurs ancêtres sur des villageois, sa rencontre avec Niklaus, la présence de loups-garous dans son village et la menace imminente qu’ils faisaient peser sur lui et sa famille. Elle n’omit aucun détail hormis l’enfant qu’elle attendait et les sentiments qu’elle éprouvait, bien malgré elle, pour Elijah.
— J’ai trouvé une incantation et une potion qui les protègera. Je ne parviens pas à tout déchiffrer mais je connais maintenant tous les ingrédients et c’est là que tu peux m’aider, expliqua Anyanka à sa jeune sœur que son récit avait éberlué.
— Comment ? parvint-elle à articuler.
— Après demain c’est la pleine lune, nous n’avons plus de temps à perdre. J’ai rendez-vous demain matin avec Elijah à la clairière où nous sommes allées cueillir des baies. Mais Waleda a planifié toute notre journée et je suis coincée ici. Tu vas t’y rendre à ma place pour qu’il te donne le dernier ingrédient qu’il me manque.
— En quoi consiste le sort, exactement ? demanda Noura qui n’aimait pas du tout la tournure que prenaient les choses.
Anyanka hésita un moment mais si elle voulait finir la potion à temps, elle n’avait plus le choix:
— Je dois concocter une potion que tous les membres de la famille doivent boire. Son effet est limité dans le temps, ils ne devront la boire que lorsque leur vie sera vraiment menacée par les loups-garous. Elle les protègera en les ramenant à la vie. Mais pour cela il me faut leur sang. Et c’est ce que tu dois demander à Elijah. C’est une famille, ils sont tous liés, le sang de l’un d’entre eux suffira.
Noura se releva brusquement, stupéfaite :
— Tu ne parles pas sérieusement Anya ! Le sort que tu veux jeter n’a rien à voir avec ce que Waleda t’enseigne. Tu joues avec des forces qui te dépassent sans en connaître toutes les implications. Tu n’as même pas déchiffré l’incantation en entier ! Comment peux-tu être sûre qu’il n’y aura pas de conséquences ? s’indigna Noura.
Anyanka baissa la tête. Elle savait que sa sœur avait raison mais quel autre choix se présentait à elle ? Si Niklaus et sa famille étaient attaqués par Ludwik et ses frères aucun d’eux ne survivrait et elle ne pouvait s’y résoudre sans agir mais elle n’y parviendrait pas sans l’aide de Noura, elle le savait.
— J’attends l’enfant de Niklaus, Noura. Je ne peux pas laisser mourir le père de mon bébé, avoua-t-elle sans lever les yeux vers sa sœur.
Noura resta interdite un moment. Elle finit par s’approcher de sa sœur, s’agenouilla devant elle et prit ses mains dans les siennes. Comme sa grande sœur avait changé tout d’un coup ! Elle, qu’elle avait toujours connu forte et sûre d’elle, ressemblait à une enfant fragile et apeurée. Noura essuya les larmes qui s’écoulaient doucement le long des joues pâles et creusées de sa sœur. Elle sentit sa gorge se nouer devant la détresse de celle qui lui avait prodigué tant d’affection et d’attention depuis la mort de leur mère.
— Je vais t’aider, dit-elle simplement, mais tu dois aller te reposer. Tu es la seule qui peut jeter ce sort et dans l’état où tu es, tu n’y arriveras pas. J’irai voir Elijah demain.
Les Damnés: Les origines du mal – Chapitre 10
Les Damnés: Les origines du mal – Chapitre 6
Le début de ce chapitre est un peu différent. Il se place du point de vue de Mila. Ce sera le seul dans la fic’.
"C’est un trou de verdure où chante une rivière"
Bientôt ils vont venir et me trouver allongée là dans ce lieu si paisible où j’ai presque l’air de dormir, la main sur la poitrine, tranquille. Il m’a abandonnée là dans ce trou de verdure traversée par un ruisseau. Les branches des saules ont l’air de se pencher sur moi, de m’enlacer, protectrices, comme Maman lorsque je suis malade. L’une d’elle frôle mon visage, maintenant si pâle, comme pour essuyer mes larmes, mais je ne la sens pas.
Je ne sens pas non plus la fraîcheur de l’eau qui caresse mon bras et déploie ma robe. Il aurait pu me laisser sur le chemin ou mieux devant la porte de la maison pour qu’ils me trouvent à leur réveil mais il a préféré les faire chercher, s’inquiéter, soigner sa mise en scène. Il a ramené mes longs cheveux souillés autour de ma gorge pour dissimuler la plaie béante que ses crocs ont laissée. Maman aura beaucoup de mal à les démêler cette fois mais je lui fais confiance, elle arrangera cela.
J’entends des voix d’abord lointaines puis de plus en plus proches…On appelle mon nom puis un « non » déchirant retentit…
Elijah, je savais que tu serais celui qui me retrouverait. Elijah, comme j’aimerais sentir tes bras réconfortants autour de moi, tes larmes qui se mêlent aux miennes mais je ne sens rien…
D’autres bruits de pas, d’autres voix, d’autres cris… Ils sont tous là maintenant autour de moi. Pauvre papa, il a l’air si vieux tout d’un coup. Je ne l’avais jamais vu pleurer, les autres non plus d’ailleurs. Eux d’habitude si forts et réservés, ils ont l’air de petits garçons désemparés, agenouillés près de moi. Je m’en veux de leur infliger tout cela. Et je m’en veux parce que je sais ce que ma mort va provoquer.
Je sais que par ma faute, ils prendront la mauvaise décision.
Je sais que par ma faute, ils seront damnés à jamais.~*~
Suria veillait le corps de sa fille depuis des heures, totalement anesthésiée, incapable de bouger ou de quitter des yeux le doux visage de Mila. C’était un cauchemar, un cauchemar qui prendrait forcément bientôt fin. Sa petite fille finirait par se réveiller et lui sauter au cou en criant « Je t’ai bien eu, Maman » comme elle le faisait si souvent. Elle ne pouvait pas être morte, pas si tôt, pas comme cela. Une douleur insidieuse s’était propagée dans chaque parcelle de son corps. Elle aurait voulu crier, maudire le monstre qui lui avait enlevé son enfant mais aucun son ne parvenait à sortir dans sa bouche entrouverte.
Ce monstre… Cela ne pouvait pas être lui, c’était impossible. L’homme qu’elle connaissait depuis si longtemps, son ami, son complice de ses jeux d’adolescente, l’homme qu’elle aurait dû épouser n’aurait pas pu commettre une telle horreur.
—Maîtresse ? demanda à voix basse une domestique en entrebâillant la porte.
— Que veux-tu ? demanda Suria en essuyant ses larmes du bout des doigts.
— Le maître demande que vous veniez les rejoindre au salon.
Suria fit un signe de tête affirmatif en guise de réponse et congédia sa servante d’un geste las de la main.
Lorsqu’elle entra dans le salon, des discussions inaudibles enflammaient les esprits. Tout le monde donnait son avis mais personne ne s’écoutait.
Suria chercha Niklaus et Elijah des yeux. Les deux jeunes hommes se trouvaient à l’opposé l’un de l’autre et ne participaient pas aux échanges. Elijah, les bras croisés, la mâchoire crispée gardait obstinément le regard baissé dans un coin de la pièce. Niklaus appuyé sur le chambranle de la porte, écoutait attentivement sans rien dire son père imposer le silence et répéter les prédictions de Waleda :
— Nous n’avons pas le choix, il faut se rendre là-bas et abattre ce monstre ! s’exclama Stanislas l’aîné des six frères.
— Nous ne sommes même pas sûrs qu’il s’agisse bien de Ludwik. On ne parle pas de n’importe qui, c’est un membre du conseil que Père et Mère connaissent depuis toujours, objecta Neklan désormais le plus jeune de la fratrie.
— Qui d’autre que lui s’en prendrait à nous de cette manière ? Tu as entendu ce que Père nous a relaté au sujet de cette malédiction. Elle ne se déclenche que lorsqu’un meurtre a été commis. Rappelle-toi les mauvais pressentiments de Mila lorsque ce domestique a été retrouvé mort il y a quelques mois. Elle savait que c’était Ludwik et à peine quelques jours plus tard on retrouvait le premier corps mutilé dans la forêt. Je ne vois pas quelle autre preuve il te faut ! On ne va pas attendre sans rien faire de se faire massacrer. Et nous devons venger Mila ! reprit Stanislas avec véhémence.
— Cette sorcière a prévenu Père qu’aucun humain ne pouvait le vaincre et que même sous forme humaine il nous surpasse en force, insista Neklan.
— Nous sommes sept, il est seul, déclara Stanislas d’un ton impérieux dont l’intonation rappelait celle de son père.
— Nous n’en savons rien, intervint Viktor, et c’est bien là le problème. Il se peut que ses fils et ses filles soient comme lui. D’après Waleda tout est lié au sang. Si l’un d’entre nous était tué par l’un d’eux, la malédiction se déclencherait aussitôt. Nous n’avons pas le droit de prendre le risque de créer d’autres créatures comme lui.
— Et cette Waleda, elle ne peut rien pour nous ? demanda Neklan.
— Elle s’y refuse, j’ignore pourquoi.
Elijah sortit alors du coin dans lequel il s’était retranché et traversa la pièce en direction de la porte où se trouvait Niklaus.
— Viens. Nous devons parler, ordonna-t-il en passant devant lui sans s’arrêter et sans attendre la réponse de son frère.
Elijah entraîna son frère jusqu’au vieux chêne qui se trouvait à la limite de la propriété. Arrivé au pied du grand arbre, il posa une main sur l’écorce rugueuse comme s’il espérait sentir un signe de vie à l’intérieur du large tronc :
— Tu savais que cet arbre avait été planté par nos ancêtres, les premiers à s’être installés ici. Il a vu naître, vieillir et mourir des dizaines de générations, il s’est développé et s’est fortifié au même rythme que notre famille, expliqua-t- il pensif.
— Tu m’as amené jusqu’ici pour parler botanique et généalogie? Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment le bon moment, répondit Niklaus en jetant un œil indifférent sur les larges ramures de l’arbre.
Elijah se retourna vers son frère pour lui lancer un regard noir :
— Ce que je veux dire, c’est que si nous ne faisons rien, nous serons la dernière génération que cet arbre verra mourir, reprit-il d’un ton grave.
— Qu’est-ce que tu proposes ?
— Quand dois-tu revoir Anyanka ?
Niklaus, surpris d’entendre son frère prononcer le nom de la jeune femme, garda le silence un moment. Il se doutait que son frère risquait de croiser Anyanka en se rendant à son village mais il ne s’attendait pas à ce qu’ils se soient officiellement présentés :
— Comment vous êtes-vous rencontrés ? demanda-t-il soudain agacé de savoir que son frère et la femme qu’il aimait aient pu se rencontrer en dehors de sa présence.
— Waleda est sa grand-mère, répondit simplement Elijah afin d’éviter d’entrer dans des détails qu’il n’avait nullement l’intention de partager avec son frère.
— Je vois. Elle m’a parlé de sa grand-mère mais je n’avais pas fait le rapprochement. Nous avons rendez-vous demain matin à la clairière.
— Je viendrai avec toi. Elle doit absolument convaincre Waleda de nous aider d’une manière ou d’une autre. L’inhumation de Mila aura lieu dans l’après-midi, il ne faudra pas trainer, décréta Elijah sur un ton qui excluait tout refus de la part de son cadet.
Niklaus acquiesça de mauvaise grâce et s’apprêtait à rejoindre la maison lorsqu’Elijah l’interpella :
— Que faisait Mila dehors ?
— Comment le saurais-je ? mentit Niklaus dont le regard fuyait celui de son aîné.
— Elle ne se serait jamais aventurée dehors à la nuit tombée sans raison. Je répète ma question, Niklaus : que faisait-elle dehors en sachant le danger qui rôdait ? poursuivit Elijah implacable ignorant le trouble qui se lisait sur le visage de Niklaus.
— Je me rendais au village et elle m’a suivi. Je lui ai ordonné de rentrer, avoua-t-il.
— Tu l’as renvoyée seule en pleine nuit ? demanda Elijah qui contenait de plus en plus difficilement sa colère.
— Ce n’est pas moi qui….
Un violent coup à la mâchoire empêcha Niklaus de terminer sa phrase. Il perdit l’équilibre et sa tête alla heurter violemment le tronc du grand chêne. Le jeune homme se redressa difficilement, essuyant du revers de la main le sang qui s’écoulait de sa lèvre fendue.
— Garde tes excuses pour ceux que cela intéresse. Ta conscience, elle, tu ne pourras la berner, souffla Elijah avant de tourner le dos à son frère et de rejoindre les autres.
Les deux frères passèrent le reste de la journée à soigneusement s’éviter. Le lendemain, ils quittèrent discrètement le village pour se rendre au rendez-vous.
Les Damnés: Les origines du mal – Chapitre 5
La malédiction des Vurkolak
— Sors d’ici, Noura ! Laisse-nous travailler, gronda Waleda en levant sa canne dans un geste faussement menaçant.
— Grand-mère laisse-moi rester, je veux apprendre moi-aussi ! s’exclama la jeune fille en lançant un regard suppliant en direction de sa sœur pour qu’elle intervienne en sa faveur.
— Dehors ! ordonna Waleda.
La jeune fille fit une moue de dépit avant de quitter rageusement la tente.
— Pourquoi ne la laisses-tu pas rester ? Tu pourrais lui transmettre à elle-aussi ton savoir, demanda Anyanka occupée à préparer un onguent pour soulager les douleurs.
— Ca ne servirait à rien, c’est toi l’aînée. C’est la règle. Et puis, ta sœur n’est qu’une écervelée que ton père devrait marier au plus vite avant qu’elle ne se fasse engrosser par le premier imbécile venu. Si ta pauvre mère était encore parmi nous, ça ne se passerait pas comme ça. Votre père vous laisse beaucoup trop de liberté… Fais attention à ce que tu fais, tu es en train de gâcher la préparation, réprimanda la vieille femme de son ton bourru habituel.
— Pardon Grand-mère, je suis distraite, excusa Anyanka confuse.
La jeune fille laissa la guérisseuse prendre la relève. Waleda tout en remuant vigoureusement la préparation, lança un coup d’œil à sa petite fille qui effeuillait machinalement une branche de buis, les yeux perdus dans le vague.
— Et cette « distraction » aurait-elle un rapport avec ce jeune homme… Elijah ?
Anyanka, prise au dépourvu, tourna le dos à la vielle femme pour masquer son trouble et s’affaira à ranger les différents pots d’ingrédients posés sur la table.
— Tu te fais des idées Grand-mère, mentit-elle d’une voix mal assurée.
— Je suis vieille mais pas gâteuse, Anya. J’ai bien vu les regards que vous vous êtes échangés ce matin à leur départ.
— Il était inquiet pour sa famille et on ne peut pas dire que tu ais fait preuve de beaucoup de compassion et d’empathie à ce sujet, lui reprocha-t-elle.
— Cette famille n’apportera que le malheur…je le sens.
— D’après ce que tu as dit, ce sont eux qui sont menacés par ces créatures. Pourquoi ne leur viens-tu pas en aide ? demanda la jeune fille inquiète à l’idée qu’il puisse arriver quoique ce soit à Klaus et même si elle refusait de se l’avouer à Elijah.
— Parce que je n’en aie pas le pouvoir…répondit Waleda tout versant sa mixture dans des pots d’argile.
— Je sais très bien que c’est faux ! Leur village n’est qu’à deux heures de marche d’ici, pourquoi ne nous attaquent-elles pas aussi ? insista Anyanka que les secrets et les mensonges de sa grand-mère commençaient à exaspérer.
La vieille femme posa brusquement les pots sur la table et se retourna pour faire face à sa jeune élève visiblement désemparée. Elle la fit asseoir et prit ses mains dans les siennes.
— Tu veux tout savoir ? Très bien, mais je ne suis pas sûre que tu sois prête à l’entendre.
Waleda garda le silence un instant comme pour trouver les mots appropriés et reprit :
— Ces créatures sont victimes d’un sort puissant et indéfectible. Cette malédiction est liée au sang et se transmet de génération en génération. C’est une punition Anya. A chaque pleine lune, la bête qui sommeille en ces hommes et femmes se réveille ainsi que leur soif de sang.
— Qu’ont-ils fait pour mériter une chose pareille ? demanda Anyanka quelque peu effrayée par les mots et le ton grave de la vielle femme.
— Il y a quelques décennies un peuple nomade, comme le nôtre, a voulu s’installer près un village de l’autre côté des montagnes. L’arrivée de ces familles a été très mal perçue par les villageois. Le bon sens a fait place aux rumeurs et chaque évènement grave, sécheresses ou inondations, maladies ou morts inexpliquées, leur étaient imputées. Très vite les premiers conflits ont eu lieu entre les villageois et ces étrangers pourtant pacifiques. Un jour, les villageois ont découvert le cadavre sans vie d’une jeune femme au bord de la rivière à quelques lieues du village. On l’avait vu échanger quelques mots avec un jeune homme appartenant à l’autre peuple, il n’en fallut pas plus pour en faire le coupable idéal. Mais ils ne se contentèrent pas d’exécuter ce malheureux innocent, toute sa famille a été massacrée.
— Les siens se sont vengés ? demanda Anyanka fascinée par le récit de Waleda.
— Oui, parmi eux il y avait une femme dont les pouvoirs étaient semblables aux nôtres. Elle utilisait les forces et les énergies de la nature pour protéger et guérir les siens. Après le drame, son peuple la supplia d’intervenir et c’est ce qu’elle fit : elle maudit tous les habitants de ce village dont les descendants seront condamnés à jamais pour les crimes de leurs ancêtres.
— Tu dis que ses pouvoirs étaient été semblables aux nôtres mais nous ne pouvons pas faire ce genre de choses, Grand-mère, s’étonna Anyanka .
— Elle était plus puissante qu’il n’y paraissait et les forces qu’elle a invoquées n’ont rien à voir avec la nature. Tu voulais savoir pourquoi ces créatures ne nous attaquaient pas alors que nous sommes si proches d’elles ?
Anyanka acquiesça de la tête, redoutant par avance la réponse qu’elle pressentait.
— Je peux nous protéger d’eux parce que nous sommes à l’origine de cette malédiction. Cette femme qui a maudit ce village était ma mère.
~*~
Niklaus marchait d’un pas rapide sur le chemin menant au village, ravi d’avoir pu s’échapper de la propriété sans histoire. Son père et son frère n’étaient pas rentrés, ses autres frères étaient tous avec leur propre famille et pour sa mère, un simple baiser avait suffi à la convaincre, malgré la tombée de la nuit imminente. C’était l’occasion rêvée d’aller prendre du bon temps à la taverne sans craindre les remontrances de son père ou de supporter les regards désapprobateurs d’Elijah.
— Klaus ! cria une petite voix derrière lui.
Le jeune homme s’arrêta net et secoua la tête en soupirant de contrariété. C’était trop beau pour que cela dure. Il avait oublié un léger détail, détail qui courrait vers lui en lui faisant de grands signes de la main.
— Par tous les dieux Mila ! Qu’est-ce que tu fais là ? Retourne à la maison ! ordonna-t-il d’un geste de la main.
— Il va bientôt faire nuit…, dit-elle à bout de souffle.
— Raison de plus pour que tu déguerpisses d’ici, la coupa-t-il visiblement contrarié de voir ses projets remis en cause par une gamine.
— Rentre avec moi, Klaus, supplia la jeune fille, c’est dangereux de rester tout seul dehors.
— Rassure-toi, je ne vais rester ni tout seul ni dehors, ironisa Niklaus en reprenant sa route.
Mila, qui avait le même tempérament obstiné que son frère, lui emboîta le pas.
— D’accord, si tu ne veux pas renter, je viens avec toi. Je ne veux pas rentrer toute seule, il fera nuit avant que j’arrive, déclara la jolie rousse d’un air buté.
— Personne ne t’a demandé de jouer les fouineuses et de me suivre. Rentre ! répéta Niklaus inflexible.
— Et s’il t’arrivait quelque chose sur le chemin du retour ? J’ai un mauvais pressentiment, Klaus, souffla-t-elle en essayant de suivre le rythme effréné que lui imposait son frère qui tentait manifestement de la semer.
Niklaus s’arrêta pour considérer la silhouette délicate de sa jeune sœur et éclata d’un rire moqueur :— Et tu comptes me protéger en venant avec moi?
— S’il te plait…
— Non ! Trêve de discussions ! Tu vas rentrer, maintenant, ordonna-t-il redevenant tout d’un coup sérieux.
Désemparée et impuissante à le faire changer d’avis, Mila regarda son frère s’éloigner.
— Quelle tête de mule ! Fichu égoïste… se dit-elle à voix haute.
Si seulement Elijah était là, il aurait pu le convaincre ou l’accompagner comme il le faisait toujours. Elle était toujours étonnée de constater à quel point ses deux frères pouvaient être différents mais elle les aimait tout autant. De toute la fratrie, ils étaient ses préférés l’un parce qu’il était prévenant et attentif, l’autre parce qu’il lui avait appris ses plus belles bêtises. Elle se souvenait encore de l’été de ses dix ans où Klaus avait réussi à la convaincre de monter dans le grand chêne qui se trouvait près de la mare derrière la propriété pour jouer un tour à Elijah. Elle avait réussi à monter malgré ses encombrants jupons et s’était installée pour voir ce pauvre Elijah paniqué après que Klaus lui ait dit qu’elle était tombée dans la mare. Elle avait bien failli se briser le cou en descendant et Elijah, furieux contre son frère, l’avait violemment frappé. Elle s’en était voulu en voyant le regard courroucé du jeune homme et avait cessé depuis ce jour de considérer Klaus comme un modèle à suivre.
Le hululement d’une chouette l’extirpa de ses pensées. Il commençait à faire très sombre et Niklaus était déjà hors de vue. Mila reprit le chemin du retour d’un pas rapide. Lorsqu’elle aperçut les lueurs des lanternes de la propriété, il faisait déjà nuit noire. Mila s’efforçait de ne pas trébucher sur le chemin caillouteux quand soudain, un frisson la parcourut. Elle s’arrêta brusquement tentant de percer les ténèbres qui l’entouraient pour comprendre. Un silence oppressant s’était tout d’un coup abattu autour d’elle. Les chants des grillons et des quelques oiseaux qui se manifestaient encore à la nuit tombée s’étaient tus. Même la douce brise du soir avait cessé de faire danser les feuillages. Quand elle entendit le grognement sourd de l’animal derrière elle, elle eut le souffle coupé. Il était déjà trop tard.
Damnés Tome 3 : Passion, de Lauren Kate
J’ai reçu ce livre à chroniquer il y a quelques mois, hélas, j’ai eu tellement de choses à faire entre temps que j’ai du à chaque fois reporter ma lecture. Je le regrette un peu car au final j’ai oublié pas mal d’éléments des premiers tomes ( indispensable dans la compréhension de celui-ci) et du coup j’ai pris plus de temps à sa lecture.
Résumé de l’éditeur : Bien avant qu’ils se soient rencontrés à Sword & Cross, avant même qu’ils aient à lutter contre les Bannis, Luce et Daniel avaient déjà vécu mille vies. C’est pourquoi Luce, cherchant désespérément à trouver comment déjouer la malédiction qui condamne son amour, doit à tout prix revisiter ses différentes réincarnations. Et lorsqu’elle plonge à l’aveugle dans un Annonciateur, elle n’a aucune idée d’où cela la conduira. Sa seule certitude est qu’elle doit le faire. La jeune fille part donc sur les traces de ses vies passées, traversant cinq mille ans d’histoire et autant de lieux différents, afin de comprendre ce qui préside à son destin. Au fil de ses pérégrinations, elle parvient à recueillir des éléments qui pourraient enfin l’aider à modifier le cours de sa vie. Mais Daniel la poursuit et l’empêche à chaque fois de réécrire son histoire.
Combien de fois devra-t-elle mourir sans mettre cette passion à l’épreuve ? Lancé dans une course-poursuite flamboyante et romantique, le couple réussira-t-il à trouver dans le passé les clés qui lui permettront de modifier son avenir ?
Mon Avis : Je trouve que Passion mérite bien son titre. Je sais, c’est un peu bête mais j’aime à le dire ^^.
Luce,notre héroïne pleine de courage, va vouloir par tous les moyens arriver à changer son passé afin de briser la malédiction qui la sépare à chaque fois de celui qu’elle aime : Daniel , son ange déchu.
Nous voyageons avec elle au fil du temps passé et découvrons ses différentes réincarnations qui finissent toutes irrémédiablement par mourir quoiqu’elle fasse. Condamnée quoiqu’il arrive à mourir devant celui qu’elle aime et qui l’aime sans pouvoir y faire quoique ce soit. Sincèrement je trouve ça vraiment triste. C’est un cycle sans fin mais Luce veut croire qu’un jour elle pourra vivre pleinement son amour avec Daniel. C’est pour cela qu’elle prend le risque de passer à travers les siècles pour comprendre le commencement de cette malédiction… et l’arrêter.
Daniel, qui se retrouve être son seul point de lumière dans cette grande immensité qu’est le temps et l’espace qu’elle traverse inlassablement dans ce seul et unique but. De Versailles au Tibet, en passant par Moscou… Luce veut croire que seul son amour réussira à vaincre tous les obstacles. C’est sans compter sur Daniel justement qui fera tout pour la retrouver et éviter l’irréparable. On ne modifie pas le destin impunément.
Luce et Daniel sont des amants maudits avec tout ce que ça implique. Dans ce tome on en apprend un peu mieux sur eux d’ailleurs même si au final ça ne fait pas avancer l’histoire au présent car elle ne nous montre que des bribes du passé des différentes réincarnations de Luce : vivre un amour impossible dont le seul dénouement est la mort de cette dernière.
J’aime bien le style simple et épuré de Lauren Kate. C’est facile; agréable à lire et entrainant. J’ai lu il a quelques temps les deux premiers tomes et je pense reprendre la série depuis le début avant la sortie du quatrième tome.
Même si la série des "Damnés" n’est pas la saga du siècle, je pense qu’il ne faut pas bouder son plaisir avec des histoires simples et juste. Après tout, les amours adolescentes sont toujours vécu avec tant de force et de vigueur ! Luce emmène son lecteur dans une quête passionnel et pure. Elle est persuadée que sa seule force peut déjouer le destin et la malédiction qui pèse sur les épaules de son ange déchu. Hélas, rien n’est jamais aussi simple et ses différentes pérégrinations le lui feront comprendre. Sincèrement j’ai beaucoup apprécié ce tome et j’ai bien hâte de connaitre son dénouement.
En attendant le Tome 4 de Damnés devrait paraitre en Juin prochain et je vous promets que je serai au rendez-vous ! Je pense que je ferai un nouvel article sur les trois tomes lorsque je les aurai relus ^^.
En tout cas, n’hésitez pas à vous jeter sur cette série, si vous ne la connaissez pas, car elle est vraiment très bien. Ce n’est pas une histoire de vampire mais d’anges… J’avoue que lorsque le premier tome est sorti, j’étais encore beaucoup imprégnée de "Twilight" pourtant, aucune comparaison n’est possible. Tant par le style que par l’intrigue. Hormis le fait que ce soit un YA ( Roman Jeunesse).
Bon pour ceux et celles qui ne connaissent pas je vous remets le résumé du Tome 1 :
Les Damnés :
Luce, 17 ans, entre à Sword & Cross, un lycée d’éducation surveillée où ses parents l’ont envoyée à la suite d’événements survenus l’été précédent : un garçon avec qui elle est sortie un soir est mort mystérieusement dans un incendie, dont elle est sortie indemne. Elle n’a aucun souvenir de cette soirée. De plus, Luce voit des ombres, des
formes obscures et changeantes qui, depuis l’enfance, n’ont jamais cessé de la suivre malgré ses nombreux séjours en hôpital psychiatrique.
Sword & Cross est un lieu austère et insolite où les téléphones portables sont interdits, et les moindres mouvements des élèves sous surveillance de caméras infrarouge. Cependant, Luce y fait très vite connaissance d’Arianne, étrange et fantasque, Penn, la fille du concierge décédé qui la prend sous son aile et devient une véritable amie, et Cam, charmeur et rassurant. Mais quand la jeune fille rencontre Daniel, un véritable choc se produit : elle est subjuguée. Celui-ci, bien qu’il soit aussi fasciné par elle, se montre hostile et cherche à l’éviter. Afin de l’oublier, Luce accepte une invitation de Cam. Et le mystère éclate ! Suite à un incendie dans la bibliothèque, Daniel, déployant ses ailes et entouré d’une auréole bleutée, survient à temps pour la sauver.
Il se résout à tout lui avouer : il est un ange déchu, immortel et condamné à la rencontrer tous les dix-sept ans sous sa forme humaine. Chaque fois, bien qu’il s’en défende, il tombe amoureux d’elle et elle de lui.
Et chaque fois, elle en meurt. Et pourtant, pour la première fois, la jeune fille survit à l’un de ses baisers…
Pour finir cette chronique, j’ajouterai que j’aime énormément les couvertures ! Les éditions "Bayard Jeunesse" ont fait un très bon travail.

Je ne sens pas non plus la fraîcheur de l’eau qui caresse mon bras et déploie ma robe. Il aurait pu me laisser sur le chemin ou mieux devant la porte de la maison pour qu’ils me trouvent à leur réveil mais il a préféré les faire chercher, s’inquiéter, soigner sa mise en scène. Il a ramené mes longs cheveux souillés autour de ma gorge pour dissimuler la plaie béante que ses crocs ont laissée. Maman aura beaucoup de mal à les démêler cette fois mais je lui fais confiance, elle arrangera cela.






































✎ DERNIERS COMMENTAIRES